Modification de l’arrêté du 4 octobre 2010 : une avancée pour la filière cognac

La filière cognac traverse une période de crise. Dans ce contexte, les contraintes réglementaires imposées aux installations de stockage représentaient, ces dernières années, une source d’inquiétude importante pour les acteurs de la filière. L’arrêté ministériel du 4 octobre 2010, qui régissait les prescriptions techniques applicables aux chais, avait en effet été profondément durci en 2022 suite à l’incendie de l’usine Lubrizol, rendant la majorité du parc existant non conforme.

Avant cette modification, les arrêtés préfectoraux de 2016 et 2017 permettaient d’adapter les obligations nationales aux réalités locales. Ils prévoyaient notamment :
– une mise en rétention limitée à 50 % du volume stocké ;
– une étanchéité exigée uniquement sur 50 % du volume.

Mais en 2022, la révision de l’article 26 bis a imposé des prescriptions beaucoup plus lourdes :
rétention déportée et étanche de la totalité du volume stocké ;
procédure d’extinction en sortie, pour éviter la propagation de liquides enflammés ;
rétention étanche obligatoire sur 100 % du volume.

Près de 90 % des chais situés en Charente et en Charente-Maritime se sont alors retrouvés en situation de non-conformité.

Les conséquences sur le territoire étaient considérables :
– surfaces artificialisées multipliées par trois pour intégrer noues et bassins de rétention ;
– difficulté, voire impossibilité, de trouver du foncier disponible ;
– suppression des sols en terre battue ;
– explosion des coûts, révision générale des devis, retards de chantiers ;
– pressions accrues alors que le niveau de production nécessitait un stockage supplémentaire.

Une mobilisation constante pour une solution équilibrée

Alertée, nous avons mené avec la filière un travail collectif, et j’ai relayé auprès du Gouvernement et des ministères concernés les inquiétudes. Les échanges nourris avec les acteurs du territoire et la préfecture de la Charente ont permis de démontrer qu’un ajustement du cadre réglementaire était indispensable pour concilier sécurité des installations et soutenabilité économique.

Une modification de l’arrêté enfin obtenue

Le Gouvernement vient d’acter une modification de l’arrêté de 2010. Cette évolution ouvre désormais la possibilité pour les préfets d’autoriser des aménagements adaptés, après avis des services départementaux d’incendie et de secours.

Plusieurs avancées majeures répondent directement aux demandes formulées :
création d’un article 26 ter, apportant une définition précisée et clarifiée du chai ;
limitation du champ d’application de l’article 26 bis aux seules parties nouvelles, permettant de ne pas imposer rétroactivement des contraintes techniques inatteignables pour les installations existantes ;
– possibilité d’apprécier localement les prescriptions les plus complexes afin d’adapter les exigences aux réalités du terrain.

Un signal fort 

Cette révision constitue une avancée significative pour l’ensemble du bassin cognaçais. Elle traduit une prise en compte réelle des besoins d’un territoire où la filière cognac représente un pilier économique, social et culturel.

Je me félicite que les préoccupations de la filière aient été entendues et que ce travail collectif, mené avec constance et responsabilité, ait permis d’aboutir à une solution équilibrée.

Première partie du budget 2026 : ma position de vote

Dans la nuit du 21 au 22 novembre 2025, je me suis abstenue avec une majorité de mon groupe EPR – et du groupe MoDem – en première lecture sur la partie « recettes » du budget.

Un peu avant le vote, nous nous nous sommes concertés avec les collègues de mon groupe en salle Colbert. Nos échanges, nous ont permis d’examiner l’ensemble des arguments avant de prendre notre décision.

Alors que nombre de nos concitoyens peinent à comprendre les positions et les résultats des scrutins depuis plusieurs semaines, nous avons refusé d’associer nos voix à celles qui cherchent la déstabilisation, voire le chaos.

Car personne n’a de majorité. 

Depuis un mois et demi, nous avons suivi la voix de compromis proposée par le Premier Ministre, qui a annoncé ne pas utiliser de « 49.3 » et laisser le Parlement souverain sur le budget. 

D’ailleurs dans leurs explications de vote, la plupart des groupes politiques a souligné la qualité des débats, nourris et argumentés de part et d’autre.

Nous avons voulu montrer par notre vote que nous tendions toujours la main pour qu’à la fin, la France ait un budget, quand bien même tout ne nous convenait pas, notamment sur le poids des taxes et impôts que ce texte comportait. 

Car en effet nous avons analysé que certaines dispositions votées, représentant près de 40 milliards d’euros, seraient inapplicables ou inconstitutionnelles et auraient des conséquences dramatiques pour nos entreprises et nos emplois :

1. Mesures catastrophiques pour l’économie et l’emploi

– Taxe sur les entreprises françaises multinationales : 26 Md€
– Taxe sur les surdividendes : 4 Md€
– Triplement du taux de la taxe sur les rachats d’actions : 0,6 Md€
– Élargissement de l’impôt minimum mondial (Pilier 2 de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques)
– Suppression de la réduction d’Impôt sur le Revenu pour investissement dans les Petites et Moyennes Entreprises, dispositif Madelin : 0,1 Md€ – IR-PME : réduction d’Impôt sur le Revenu pour investissement dans les Petites et Moyennes Entreprises, dispositif Madelin

Soit plus de 30 Md€ de mesures votées par le RN avec le soutien de LFI, destinées à écraser nos entreprises, petites et grandes, et donc à menacer nos emplois.

2. Mesures lourdes mais corrigibles en seconde lecture

D’autres dispositions, bien que problématiques, peuvent encore être amendées :
– Taxation du patrimoine en assurance-vie : 1,5 Md€
– Augmentation de la taxe sur les transactions financières
– Élargissement significatif de l’exit tax
– Modulation de la base de Contribution au Développement du Logement Social, dispositif Barnier : 0,5 Md€

3. Mesures issues de compromis politiques

Certaines mesures défavorables résultent de compromis, notamment avec le PS, et pourraient devoir être conservées pour finaliser le budget :
– Surtaxe de l’Impôt sur les Sociétés : 6 Md€
– Reconduction CDHR Barnier : 1,5 Md€
– Plafonnement du crédit d’impôt service à la personne (CISAP) : 0,1 Md€
– Taxe holding recentrée : 0,1 Md€

4. Les succès de notre groupe

Malgré ces difficultés, notre groupe a marqué ce budget de son empreinte et obtenu plusieurs victoires majeures :
– Repoussé la taxe Zucman et toute taxation des biens professionnels
– Repoussé la hausse de l’IR sur ceux qui travaillent
– Recentré la taxe holding pour éviter tout impact négatif
– Préservé le Crédit d’Impôt Recherche et même élargi à l’IA
– Préservé le pacte Dutreil – dispositif de transmission d’entreprise à avantage fiscal
– Préservé le dispositif JEI (Jeunes Entreprises Innovantes)
-Repoussé les hausses de charges sur le travail, les apprentis, les jeunes entreprises innovantes et les compléments de salaires (PLFSS)

Toutes ces victoires n’auraient pas été possibles sans notre mobilisation et notre action déterminée.

Enfin, un vote « contre » empêchait de débattre de la partie « dépenses », qui ne sera donc pas analysée. Tous ceux qui m’ont sollicitée sur ce sujet savent de quoi il est question.

Nous restons donc dans le compromis pour la seconde lecture et le vote final. Pour voter un budget pour la France.

Budget de la sécurité sociale pour 2026

Les dispositions de la Constitution –⁠ article 47-1 – et de la loi organique –⁠ article L.O. 111-7 du code de la sécurité sociale – prévoient que l’Assemblée nationale doit se prononcer, en première lecture, dans un délai de vingt jours après le dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Le délai ayant expiré mercredi 12 novembre 2025 à minuit, l’examen du texte a pris fin sans que l’Assemblée nationale ait émis de vote en première lecture sur l’ensemble du projet de loi.
Le texte, dans sa version amendée, a été transmis au Sénat pour la suite de la procédure parlementaire.

Voici les principales mesures qui ont été adoptées :

1) Mesures relatives à la réforme des retraites

Suspension de la réforme des retraites : la mise en œuvre du relèvement de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans est suspendue. L’âge est pour l’heure figé à 62 ans et 9 mois, et l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation (actuellement fixée à 170 trimestres) est mise en pause.
Trois mesures en faveur des pensions de retraite des femmes ayant eu des enfants, adoptées à l’unanimité :

  • Deux trimestres de majoration de durée d’assurance (MDA) pour enfants pourront désormais être pris en compte dans le dispositif de départ anticipé pour carrière longue. Applicable à partir de septembre 2026, cette mesure pourrait bénéficier à environ 3 % des femmes nées en 1970, mères d’au moins un enfant.
  • À partir de 2026, le calcul de la retraite de base pour les femmes ayant eu des enfants se fera sur les 24 meilleures années (pour un enfant) ou sur les 23 meilleures années (pour deux enfants ou plus), au lieu des 25 années actuellement prises en compte.
  • Les fonctionnaires mères d’enfants nés à partir de 2004 bénéficieront d’un trimestre de bonification par enfant.

2) Mesures concernant les particuliers

Dégel du barème de la CSG pour les retraités : alors que le gouvernement proposait de geler le barème pour 2026, l’Assemblée a adopté le maintien de son indexation sur l’inflation, notre groupe politique était contre dans un souci de respect de l’équilibre des finances publiques.
Hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine : votée dans un esprit de consensus avec les groupes de gauche.
Exonération des cotisations pour les apprentis : les apprentis conservent leur exonération partielle de cotisations salariales (applicable sur la part de rémunération inférieure ou égale à 50 % du Smic pour les contrats conclus depuis mars 2025, et à 79 % pour ceux signés auparavant). Le gouvernement proposait de supprimer cette exonération pour les nouveaux contrats, mais son maintien a été voté à une très large majorité.
Exonération des aides aux crédits immobiliers accordées aux salariés : les entreprises qui participent au financement des intérêts d’emprunt de leurs salariés bénéficieront d’un régime favorable pour les primo-accédants. Ces aides seront exonérées de cotisations sociales, hors CSG-CRDS et forfait social de 20 %, dans la limite d’environ 3 800 euros.
Rejet du gel des prestations sociales : le gouvernement souhaitait instaurer, pour 2026, une « année blanche » concernant la revalorisation des pensions et prestations sociales (retraites, allocations familiales, RSA, AAH, ASPA, AEEH, AJPA, etc.). Nous avons voté contre cette mesure, estimant qu’elle ne garantissait pas un équilibre équitable des finances publiques.

3) Mesures liées à la santé et à l’alimentation

Création d’un réseau de “Maisons France Santé” : pour renforcer l’accès aux soins dans les territoires isolés, le gouvernement a proposé la mise en place d’un nouveau réseau national. Ce dispositif, présenté comme un « véritable choc d’accès aux soins », s’appuiera sur des structures existantes (maisons de santé, centres de santé, pharmacies) et offrira un soutien d’environ 50 000 euros aux structures remplissant certaines conditions : absence de dépassement d’honoraires, accueil pluriprofessionnel, prise en charge sous 48 heures et à moins de 30 minutes du domicile du patient.
Consultation “360 degrés” pour les femmes de 45 à 65 ans : un amendement gouvernemental prévoit la prise en charge, par l’Assurance-maladie, d’une consultation longue intégrant un suivi gynécologique, cardiovasculaire et ostéo-articulaire, destinée à repérer les risques liés à la ménopause. Cette mesure a été adoptée à près de 99 % des suffrages.
Obligation du Nutri-Score : jusque-là facultatif, l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score devient obligatoire. Les entreprises refusant de l’appliquer s’exposeront à une taxe de 5 % sur leur chiffre d’affaires. Un sous-amendement porté par le député Jean-François Rousset (Renaissance) prévoit toutefois une exemption pour les produits bénéficiant d’un label AOP, AOC ou IGP. Proposée par les groupes insoumis, socialiste et écologiste, la mesure a été adoptée à main levée, malgré l’opposition du gouvernement, qui soulevait un risque d’incompatibilité avec le droit européen.

Le texte, dans sa version amendée, a été transmis au Sénat pour la suite de la procédure parlementaire.

Examen de la pétition contre la loi Duplomb

Mercredi 5 novembre, en Commission des affaires économiques, nous avons examiné la pétition contre la loi dite « Duplomb », signée cet été par plus de deux millions de Français.

Conformément aux articles 147 et 148 du Règlement de l’Assemblée nationale, cette pétition ayant recueilli plus de 500 000 signatures a été renvoyée à la Commission des affaires économiques pour examen.
Ce dispositif, prévu par la Constitution et encadré par la loi organique, permet aux citoyens de saisir le Parlement sur des sujets d’intérêt général afin d’ouvrir un débat. Il ne conduit pas à un nouveau vote sur le texte.
Cet examen a permis d’entendre les différentes positions exprimées autour d’un texte qui suscite de vives inquiétudes chez certains citoyens.

J’ai rappelé la nécessité d’un débat fondé sur des faits scientifiques solides. La présidente de la Société française de lutte contre les cancers de l’enfant, Virginie Gandemer, nous rappelle que :
« Il faut bien comprendre que les cancers de l’enfant n’ont rien à voir avec les cancers de l’adulte. À tous les niveaux : ils n’ont pas la même épidémiologie, pas la même physiopathologie, leurs causes sont différentes (…). Cette façon de parler des cancers et d’y inclure les cancers de l’enfant pour faire plus de buzz et provoquer l’émotion est insupportable. »
« Laissez croire que leur cadre de vie (celui des parents) serait directement en cause, et qu’il y aurait une sorte de complot national pour dissimuler la nocivité de produits connus présents dans l’environnement et responsables du cancer de leurs enfants, est non seulement faux mais également cruel. »

Un rappel essentiel : la lutte contre les cancers pédiatriques exige rigueur, vérité et responsabilité.
Nos débats publics doivent rester guidés par la science et le respect des personnes concernées, non par des arguments de buzz destinés à influencer l’opinion.
Nos débats méritent mieux.

La suite de la procédure prévoit désormais que la Conférence des présidents se prononce sur l’opportunité d’inscrire cette pétition à l’ordre du jour de l’hémicycle pour un débat public.

Retrouvez mon intervention en commission en cliquant ici.
Ainsi que l’interview de la Professeure Virginie Gandemer, présidente de la Société Française de Lutte contre les Cancers et les Leucémies de l’Enfant et de l’Adolescent, parue dans le journal “Le Point” ici.

Discussion générale du projet de loi de finances pour 2026

Sébastien Lecornu a lancé les débats sur le budget 2026 en appelant à l’unité et au compromis. Il a mis en avant l’indépendance de la France comme objectif commun, présentant ce budget comme un texte de transition, ouvert aux négociations, notamment sur la fiscalité.

Le Premier ministre a rejeté l’intransigeance et a réaffirmé sa volonté de renoncer au 49.3, pour que les débats aillent jusqu’au bout. Il a tendu la main à tous les groupes politiques, proposant de travailler ensemble sur les amendements et d’ouvrir l’accès à l’expertise technique.

Les priorités du budget sont claires : réduire le déficit (sous 5% en 2026), investir dans la défense, l’éducation et la transition écologique, et réformer l’État pour plus d’efficacité. Lecornu a souligné la nécessité de lutter contre la fraude fiscale (20 milliards d’euros par an) et de moderniser les services publics.

En conclusion, il a invité les députés à enrichir le texte, pour aboutir à un budget qui prépare l’avenir et renforce l’indépendance du pays, dans l’attente des choix de 2027.

Déclaration de politique générale du Premier Ministre Sébastien Lecornu : une feuille de route de compromis et de responsabilité

Ce mardi 14 octobre 2025, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a prononcé sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Dans un contexte parlementaire tendu, le chef du gouvernement a présenté une feuille de route claire, fondée sur le dialogue, la responsabilité et la recherche du consensus, pour assurer la stabilité du pays tant institutionnelle qu’économique.

Une main tendue aux oppositions

Souhaitant renouer avec l’esprit de compromis, le Premier Ministre a annoncé la suspension de la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.

« C’est pourquoi, je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028. »

Cette mesure, évaluée à 400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027, devra être compensée par des économies ciblées. Le Premier Ministre a rappelé que le débat parlementaire aura la responsabilité de proposer des solutions.

Responsabilité budgétaire et justice fiscale

Le Premier Ministre a fixé un cap clair : ramener le déficit public sous la barre des 5 % du PIB en 2026, tout en respectant l’objectif de 5,4 % pour cette année. Pour renforcer la justice fiscale, une contribution exceptionnelle des très grandes fortunes et des réformes ciblées seront mises en place afin de corriger certaines anomalies, dans un esprit d’équité et de dialogue avec les partenaires sociaux.

Un Parlement renforcé, garant du débat démocratique

Sébastien Lecornu a réaffirmé son engagement à renoncer à l’usage de l’article 49.3 de la Constitution : « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » Cette démarche marque une volonté forte de faire vivre le débat démocratique et de construire, avec l’ensemble des députés, des compromis utiles au pays.

Soutenir l’économie, les territoires et la cohésion nationale

Le Premier Ministre a réaffirmé la priorité donnée au soutien aux entreprises, à la réindustrialisation et à la compétitivité des PME, pour stimuler l’emploi et l’innovation sur tout le territoire.

Un nouvel acte de décentralisation sera présenté en décembre, afin de renforcer le pouvoir local en dotant les collectivités de moyens budgétaires accrus et de libertés élargies.

Enfin, concernant l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, le gouvernement proposera d’inscrire dans la Constitution l’accord de Bougival avant la fin de l’année, afin de permettre une consultation des Calédoniens au printemps 2026, dans un esprit de réconciliation durable.

En conclusion, le Premier Ministre a rappelé que le budget à venir devra être un budget de compromis, fidèle à une exigence de responsabilité et de progrès collectif, pour avancer dans l’intérêt du pays.

Soirée-débat sur l’accès aux soins dans les zones rurales, à Jarnac

Mardi 30 septembre, près d’une centaine de citoyens, élus, professionnels de santé et de représentants d’associations engagées contre les déserts médicaux étaient présents pour échanger sur le sujet de la santé, lors de la soirée-débat que j’ai organisé en présence de mon collègue Jean-François Rousset, député de l’Aveyron, médecin de formation et fin connaisseur des enjeux de santé.

Les discussions ont rappelé plusieurs défis et préoccupations, notamment :
– l’héritage du numerus clausus, qui a limité la formation de médecins pendant plus de 30 ans ;
– les évolutions sociétales qui rendent plus difficile l’installation des jeunes praticiens en zone rurale ;
l’attractivité et l’installation des médecins dans les territoires ;
– la nécessité de dépasser la concurrence entre communes pour développer des actions collectives en faveur de la santé de proximité ;
– la difficulté de trouver des rendez-vous notamment auprès de spécialistes ;
– le renforcement de la coopération interprofessionnelle entre soignants…

Des actions sont déjà en place et nous avons abordé ensembles les questions de :
– la meilleure coordination entre professions médicales et paramédicales au sein des CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé) ;
– l’arrivée, dès 2026, des docteurs juniors, qui viendront renforcer les effectifs médicaux dans les territoires les plus en difficulté dont la Charente, ainsi que la valorisation des maîtres de stage ;
– l’accompagnement des jeunes praticiens en fin de formation.

 En Charente, il faut continuer d’agir collectivement, pour maintenir et développer une offre de soins accessible à tous, partout sur le territoire.

Je remercie Jean-François Rousset d’avoir répondu, avec précision et franchise, aux nombreuses interrogations et témoignages sincères portés tout au long de la soirée par les personnes présentes, ainsi que tous les participants pour la qualité de leurs interventions et pour la richesse de nos échanges.


Septembre en images

Retrouvez les temps forts du mois de septembre, à Paris comme en circonscription : commission des affaires économiques, rendez-vous à la commission européenne, réunions de travail, assemblées générales, cérémonies, inaugurations, rentrée des classes, forums des associations, vendanges, visite de mon collègue Jean-François Rousset et réunion publique,…

Réseaux sociaux : protéger nos enfants, une urgence nationale

La commission d’enquête sur TikTok, présidée par ma collègue Laure Miller a rendu son rapport ces derniers jours. Après des mois d’auditions et une consultation record : 31 000 réponses, dont 19 000 lycéens, les conclusions sont claires : il est temps d’agir.

Le constat est alarmant :
-70 % des mineurs passent plus de 3h/jour sur les réseaux sociaux.
-TikTok est utilisé par 72 % des 16-18 ans et 64 % des 12-15 ans.
-Les algorithmes poussent des contenus anxiogènes, captant l’attention et provoquant dépendance, isolement et troubles du sommeil.
-La modération est inefficace, facilement contournée.

Nos enfants en sont les premières victimes.

Il faut agir par des mesures fortes pour protéger, encadrer et prévenir.

1. Au niveau européen

    – Interdiction des réseaux sociaux, hors messageries, aux moins de 15 ans
    – Paramètres adaptés à l’âge des mineurs : empêcher leur désactivation
    – Modération : définir des standards minimaux en matière de contenu et de durée des formations et conditions de travail des modérateurs
    – Réflexion sur le statut d’éditeur des plateformes
    – Digital Fairness Act : obliger les plateformes à proposer des paramètres spécifiques de personnalisation ; imposer la diversification des contenus recommandés ; imposer une part obligatoire d’aléatoire dans les algorithmes de recommandation
    – Obligation de pluralisme algorithmique

    2. En France

    – Interdiction des réseaux sociaux, hors messageries, aux moins de 15 ans
    – Établir, pour les 15-18 ans, un couvre feu numérique de 22h à 8h pour les réseaux sociaux
    – Pérenniser et généraliser le dispositif « portable en pause » dans les établissements scolaires
    – Décroissance digitale au sein de l’Education nationale : évaluer l’apport des outils numériques
    – Mettre en oeuvre les recommandations de la commission « enfants et écrans » dans nos
    administrations
    – Sensibiliser les parents : message dans le carnet de santé ; prévention via la PMI ; message de prévention sur les emballages des téléphones
    – Orienter les parents : procédure de labellisation des applications et systèmes de contrôle parental ; label pour les téléphones sans accès à internet

    3. A long terme

    – Former les personnels éducatifs et du secteur médical et médico-social
    – Développer les réponses aux problèmes de santé mentale : renforcer les moyens de repérage ; communication
    – Travail de vigilance : évaluer les conséquences psychologiques des réseaux sociaux sur les mineurs ; évaluer la nécessité d’interdire les réseaux sociaux avant 18 ans ; créer un délit de négligence numérique pour les parents après trois ans de campagne d’information massive
    – Proposer un monde déconnecté : accompagner les collectivités, financer, soutenir et développer les initiatives « sans écran »

    Ces recommandations font écho aux propositions de Gabriel Attal, formulées avec le pédopsychiatre Marcel Rufo, dans une tribune publiée dans Le Figaro « Déclarer l’état d’urgence contre les écrans » :
    – Dépister systématiquement l’addiction aux écrans aux âges clés : 6ème et 2nde
    – Interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
    – Instaurer un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans (22h-8h)
    – Passer les réseaux sociaux en noir et blanc après 30 minutes d’usage pour les mineurs
    – Limiter le temps d’accès à 1h/jour pour les 15-18 ans
    – Créer un « addict-score » public pour évaluer l’impact addictif des plateformes
    – Taxer les revenus des plateformes (2%) pour financer la recherche en santé mentale
    – Possibilité d’interdire l’accès en France aux plateformes récalcitrantes