
En 2025, les finances des collectivités territoriales ont connu une amélioration nette. L’épargne brute a progressé à 34,8 Md€, soit +7,8%, et l’épargne nette à 19,5 Md€, soit +10,9%, tandis que l’investissement local a atteint un niveau historique de 87,1 Md€.
Cette évolution confirme la capacité des collectivités à faire face aux crises successives des dernières années, tout en maintenant un effort d’investissement soutenu.
Une amélioration portée par les recettes et une gestion maîtrisée
Les recettes réelles de fonctionnement se sont élevées à 245,4 Md€ en 2025, en hausse de 2,3% par rapport à 2024. Cette progression a été portée par la dynamique des impôts et taxes, notamment par la reprise des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui ont augmenté de 19,8%.
Dans le même temps, les dépenses réelles de fonctionnement ont progressé plus modérément, de 1,4%, à 210,5 Md€.
Cette évolution permet une amélioration de la capacité d’autofinancement des collectivités, dans un contexte où l’inflation est revenue à un niveau plus contenu.
Un investissement local à un niveau record
Les dépenses réelles d’investissement ont atteint 87,1 Md€ en 2025, soit une hausse de 2,1% par rapport à 2024. Ce niveau inédit traduit la poursuite d’un effort important en matière d’équipement, de services publics et de transition écologique.
Le FCTVA est resté dynamique en 2025, avec 6,9 Md€, et la capacité de désendettement des collectivités demeure globalement maîtrisée, largement en dessous du seuil d’alerte de 12 ans.
Des situations contrastées selon les niveaux de collectivités
Le bloc communal affiche une situation particulièrement solide, avec une épargne brute de 21,7 Md€ et des investissements au plus haut à 55,5 Md€.
Les départements connaissent un véritable retournement de conjoncture, grâce au rebond des DMTO, avec une épargne brute en forte hausse à 6,9 Md€. Ils restent cependant fragiles et très exposés à la volatilité de cette ressource.
Les régions voient, elles, leurs recettes d’investissement reculer et leur trésorerie rester sous tension, ce qui les conduit à réduire leurs dépenses d’investissement à 16,3 Md€.
Un budget 2026 qui appelle de la cohérence
Pour 2026, l’effort financier demandé aux collectivités est estimé à 1,6 milliard d’euros, soit un niveau proche de celui de 2025 et inférieur aux 4,6 milliards initialement envisagés.
Cet effort est en partie compensé par plusieurs mesures favorables, mais il interroge aussi sur sa répartition entre strates, les EPCI supportant la charge la plus lourde alors que leur situation financière est jugée plus dégradée.
Source : sur la base des analyses de Jean-René Cazeneuve, ancien rapporteur du budget, groupe Ensemble pour la République

